BLUEBACK // MONIA MONTALI & FRANCOIS BODEUX

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ILL SEEN

Concept et scénographie : Monia Montali & Francois Bodeux

Chorégraphie : Monia Montali

Lumières : François Bodeux

Création sonore : Miquel Casaponsa

Distribution : Florencia Demestri, Marie De Corte, Octave Delaunoy

Production : Blueback asbl

Co-production : Les Brigittines, Charleroi Danses, La Coop asbl

Avec l'aide de : ING, tax-shelter du gouvernement fédéral belge, Fédération Wallonie-Bruxelles / Service de L'interdisciplinaire.

Première  Novembre 2018 (Les Brigittines)

 

 

 

Comment avoir besoin à la fin ? (...) Déjà tout s’emmêle. Choses et chimères. Comme de tout temps. S’emmêle et s’annule. (...)

Sourire enfin une fois pour toutes. (...) Vrai noir où a la fin ne plus avoir à voir. Absence meilleure des biens et cependant (...) Jusqu’à plus trace. Au lieu de s’acharner sur place. Sur telle et telle trace.

Encore faut-il pouvoir. Pouvoir s’arracher aux traces. De l’illusion. (...)

Encore une seconde. Rien qu’une. Le temps d’aspirer ce vide. Connaître le bonheur.

 

Fragments de Mal vu mal dit, Samuel Beckett

 

 

 

Après Wavering Abode (2010) et Company (2015), ILL Seen est le troisième volet d'une trilogie autour des derniers textes en prose de Samuel Beckett. Y sont décrits des figures aux actions minimales, œuvrant dans des espaces dépouillés. Les motifs de l’errance, de la solitude, de l’action inachevée, de la perception et de la mémoire défaillantes les traversent de manière récurrente. Tant l’écriture que les figures elles-mêmes deviennent une allégorie d’un monde, d’un devenir que nous cherchons vainement à cerner. Ils nous rappellent à nous humains combien nous restons profondément démunis face à notre désir de vouloir toujours tout saisir, comprendre et contrôler.

 

Face à cet état de choses, l’auteur ne nous laisse pour autant pas sans issue. La sensation forte qui ressort de ses textes est celle d’un possible laisser-être, de figures qui transcendent leur condition dans une sorte d’apaisement intérieur, en même temps que leur environnement se fige.

ILL Seen s’écrit comme une pulsion vers ce point de fuite, un désir d’horizon, un mouvement vers un espace libératoire. Sur scène, une femme âgée, une jeune femme et un enfant se retrouvent ensemble sans pour autant coexister et se laisser saisir. Car c'est de leur parcours intérieur, notre parcours et notre regard dont il est davantage question. Une visibilité qui correspond à l'acte intime de clore les paupières pour ouvrir son regard au lieu du rêve et, peut-être, de l'apaisement.